Catégorie : La pratique du zen

La pratique du zen, Zazen Saint-Denis de La Réunion, Association Bouddhiste Zen Soto « Dôkan »

  • Sengyo Van Leuven, Pratique de Zazen

    Le zazen est le temps que l’on dédie à soi-même. Car on laisse continuellement apparaître et s’en aller tous les phénomènes, ainsi on apprend ce qui se joue au plus profond de nous-même. On voit les choses qui sont présentes, qui influencent fortement notre comportement, nos pensées, nos paroles. Cette prise de conscience permet le lâcher – prise, c.-à-d. de se libérer, de trouver la liberté fondamentale, originelle de l’être humain, de tout être. Cette observation montre notre ignorance, ignorance de tous ces mécanismes, de toutes ces convictions au-dessous des surfaces, mais qui déterminent ce qu’on fait, dit et pense, qui déterminent les qualités de nos relations avec les autres, avec soi-même. Cette étude qui ne consiste pas à réfléchir pendant zazen, ni à évaluer et à cataloguer, est le fondement du bouddhisme Mahayana, de tous ceux qui pratiquent le Mahayana, ceux qui sont appelés Bodhisattvas.

  • Maitre Taisen Deshimaru, Qu’est-ce-que le Zen ?

    Le secret du Zen consiste à s’asseoir, simplement, sans but ni esprit de profit, dans une posture de grande concentration. Cette assise désintéressée est appelée za-zen, za signifiant s’asseoir, et zen méditation, concentration. L’enseignement de la posture, qui est transmission de l’essence du Zen, a lieu dans un dojo (lieu de la pratique de la Voie). Il est le fait d’un maître initié traditionnellement, dans la lignée des patriarches et du Bouddha. La pratique du za-zen est d’une grande efficacité pour la santé du corps et de l’esprit, qu’elle achemine vers leur condition normale. Le Zen ne peut être enfermé dans un concept, ni rendu par la pensée, il demande à être pratiqué ; c’est, essentiellement une expérience. L’intelligence n’est pas sous-estimée, seulement on recherche une plus haute dimension de la conscience ne stagnant pas sur une vision unilatérale des êtres et des choses. Le sujet est dans l’objet, et le sujet contient l’objet. Il s’agit de réaliser, par la pratique, le dépassement de toutes les contradictions, de toutes les formes de pensée.

  • La Posture : extrait de « L’anneau de la voie zen » de Môkudo Taisen Deshimaru

    Fukanzazengi, les principes de zazen de maître Kigen Dôgen (1200-1253)

    « Pour zazen, une pièce silencieuse convient.

    Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient. Ne jugez pas des pensées et des perspectives.

    A l’endroit où vous avez l’habitude de vous asseoir, étendez une natte épaisse et placez un coussin dessus. Asseyez-vous en lotus ou en demi-lotus. Dans la posture du lotus, placez d’abord votre pied droit sur votre cuisse gauche, puis votre pied gauche sur votre cuisse droite. Dans la posture du demi-lotus, contentez-vous de presser votre pied gauche sur votre cuisse droite.

    Veillez à desserrer vos vêtements et votre ceinture, arrangez-les convenablement.

    Placez alors votre main droite sur votre jambe gauche et votre main gauche tournée vers le haut sur votre main droite ; les extrémités des pouces se touchent.

    Asseyez-vous bien droit, dans l’attitude corporelle correcte, ni penché à gauche, ni penché à droite, ni en avant, ni en arrière.

    Assurez-vous que vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril.

    Placez la langue en avant contre le palais ; la bouche est fermée, les dents se touchent.

    Les yeux doivent rester toujours ouverts, et vous devez respirer doucement par le nez.

    Quand vous avez pris la posture correcte, respirez profondément une fois, inspirez et expirez. Inclinez votre corps de droite et de gauche, et immobilisez-vous dans la position assise stable. »