Catégorie : La voie du zen

La voie du zen, Zazen Saint-Denis de La Réunion, Association Bouddhiste Zen Soto « Dôkan »

  • Evelyn Reiko De Smedt, La Voie du Bouddha

    Dans un poème, maître Sekitô Kisen dit : « Si vous ne comprenez pas la Voie qui se trouve sous vos pieds, comment connaîtrez-vous le chemin sur lequel vous marchez ? »

    Le plus important dans l’enseignement du Bouddha est d’expérimenter à travers nos oreilles, nos yeux, tous nos organes des sens, notre corps entier.

    Expérimenter par soi-même sans s’accrocher aux mots, sans s’enfermer dans des catégories, des jugements, des opinions personnels. L’esprit est réceptif, ouvert, complètement libre, comme l’oiseau qui vole dans le ciel sans avoir besoin de savoir ce qu’est le ciel ni où sont ses limites.

    La Voie,Dô, existe dans chaque instant de l’existence et chacun a son propre chemin à parcourir, car même si pour la réaliser, il est important de marcher sur l’empreinte des pas des patriarches du passé, sur les traces qu’ils nous ont laissées, il nous faut nous-même actualiser notre véritable nature innée, esprit pur, originel, qui existe en chacun de nous et qui est souvent occulté par tout ce qui nous agite, tout en marchant chacun à sa manière.

  • Roland Yuno Rech, Être Bodhisattva

    Maître Dôgen a écrit un chapitre du Shôbôgenzô qui s’appelle le Daïsatta Shishôbô : les quatre voies du bodhisattva pour aider les êtres humains. Il s’agit du fuse – le don, aï go – les paroles d’amour, ri gyo – les actions bénéfiques, et do ji – ne pas se différencier des autres.

    Aï go sont les paroles d’amour. Aï veut dire l’amour, go parole – pas des paroles de séduction. Cela veut dire ne pas utiliser de paroles brutales, dures, mais s’inquiéter du bien-être de ceux que nous rencontrons, ce qui signifie être attentif à la personne à laquelle on parle. Comme le fait un parent avec son enfant. Ce n’est pas utiliser des paroles diplomatiques, mais exprimer son véritable esprit. Aï go a le pouvoir de réconcilier les ennemis, de changer complémentent l’état d’esprit de l’autre. Chacun a beaucoup de peur dans son esprit. Aï go, les paroles d’amour, apaisent les craintes, donnent un sentiment de sécurité, d’être accepté tel que l’on est, avec sympathie, sans jugement, sans rejet. Aussi, Aï go, comme le fuse, a le pouvoir de changer l’état d’esprit des personnes qui les reçoivent. Comme changer d’état d’esprit est une chose très difficile, aï go, comme le fuse, est un moyen très important pour le bodhisattva pour aider les êtres à changer leur esprit ordinaire et faire apparaître l’esprit de la Voie.

  • Maitre Dôgen, Dokan -Gyoji

    La grande Voie du Bouddha – Dokan

    Dokan : Do, la Voie ; kan, le cercle, l’anneau qui n’a pas de fin.

    « Si on suit jour et nuit, les règles, l’enseignement des Bouddhas et des Patriarches, on remarque qu’il n’existe pas de différences dans leur enseignement. Et si on pratique ces règles durant un an ou deux, toute la vie deviendra identique à ce que l’on a pratiqué pendant un jour et une nuit.

    Gyoji ne relève pas de la volonté personnelle. Gyoji n’a pas de fin. La répétition sans but, sans fin, signifie suivre l’ordre cosmique comme le soleil qui éclaire toujours la terre sans demander aucune redevance à personne.

    Gyoji signifie continuer à pratiquer la Voie, Dokan, répéter chaque jour la Voie. Il ne s’agit pas de rechercher mais de pratiquer.

    Sur la grande Voie du Bouddha et des Patriarches, à coup sûr, la pratique la plus élevée consiste à ne pas couper Dokan, identique à un anneau sans fin, et ceci jusqu’au cercueil.

  • Autres textes

    Ici et maintenant, l’éternel présent

    Sômon Kôdô Sawaki (1880-1965), le chant de l’éveil.

    « Chaque homme est unique, tout en ayant les caractéristiques communes à tous les êtres humains. De même, l’instant présent est unique et éternel à la fois. Le lieu où je suis est unique et en même temps l’univers. C’est ainsi qu’il faut comprendre la Voie. »

    L’impermanence, Mujô

    Mokudô Taisen Deshimaru (1914-1982), l’Anneau de la Voie

    « Dans notre vie, le malheur, la difficulté peuvent devenir bonheur, comme les feuilles mortes en automne deviennent le ferment des nouvelles pousses du printemps. En dehors de notre esprit, il n’y a ni bonheur ni malheur. Seul notre esprit en décide. Dans une vie tout à fait pauvre, nous pouvons également trouver le vrai bonheur. Toutes les existences, tous les phénomènes sont pareils à un rêve. Ils ressemblent à un fantôme, à une ombre, à une goutte d’eau, à un éclair. Tout est changeant et ne s’arrête jamais. »

    L’éveil, la grande Sagesse 

    Poème de Kyôgen Chikan (820-898)

    « Par un coup,

    Par le son du caillou,

    Par le son du bambou,

    J’ai tout oublié. »

    Kyôgen écrivit ce poème un jour où, balayant le jardin d’un ermitage dans la montagne, un caillou alla frapper un bambou. Par ce son, il s’éveilla. Il en avait alors fini avec le fonctionnement dualiste de son mental, et toutes ses complications avaient pris fin.

    L’observation, Kan

    Poème de Tôzan Ryôkai (807-869), le Samâdhi du miroir précieux, Hôkyô Zanmai.

    « Quand vous vous regardez dans un miroir,

    Forme et reflet se font face,

    Vous n’êtes pas le reflet,

    Mais le reflet est vous. »